Message à nos frères chrétiens

Par Abdallah DELIOUAH*

Les musulmans sont et veulent être une partie intégrante de la société, ils tiennent à être à côté de leurs concitoyens pour soutenir le vivre ensemble.

Ils veulent œuvrer pour les valeurs humaines et universelles comme la paix, la justice, le respect mutuel, la liberté religieuse, l’égalité entre les citoyens et entres toutes les composantes de notre société, le respect et la protection de l’environnement, le partage équitable de la richesse, le respect de la vie, la protection des plus faibles (les personnes âgés, les malades et les handicapés, les femmes et les enfants) et la sauvegarde de la famille…etc

Les valeurs de l’islam ne sont pas incompatibles avec les valeurs fondatrices de l’identité française, elles sont plutôt concordantes et complémentaires.

Certains politiques alimentent la haine et surfent sur les mêmes thèmes comme l’insécurité, de l’immigration et maintenant même sur de l’identité et les valeurs.

Au lieu de s’intéresser aux vrais problèmes de la société, certains politiques jouent sur la peur et favorisent la division entre les composantes de notre société. L’islam et les musulmans sont présentés comme la source de toutes les maladies qui touchent la société, le chômage c’est eux, l’insécurité c’est eux, les enfants maltraités et les femmes battus c’est eux, l’identité nationale c’est eux.

Au lieu d’admettre l’échec de la politique d’intégration menée depuis plusieurs dizaines d’années, ils évoquent maintenant des valeurs intrinsèques à l’islam qui serait incompatibles avec l’identité nationale ou européenne.

Attention mes frères ! L’histoire nous a prouvé que le racisme le plus odieux peut s’installer démocratiquement dans une société, même sans la présence des musulmans. L’histoire nous relate aussi que les seuls musulmans présents en étaient des soldats venus participer à la libération de la France. Parmi eux se trouvait mon père.

Nous sommes désormais définitivement des citoyens français, notre destin est lié à ce pays et nous nous reconnaissons dans les valeurs qui l’ont fondée.

Nous avons assez de se justifier à chaque fois pour montrer que nous nous ne sommes pas là pour islamiser l’Europe mais seulement pour y vivre paisiblement avec les autres composantes de notre société toute en gardant et pratiquant notre religion dans des conditions dignes.

Si les anciennes générations ont choisies la France pour des raisons politiques ou économiques, la majorité des nouvelles générations n’a pas eu de choix à faire et pourtant elle assume complètement cette nouvelle identité à la fois française et musulmane.

Il est dangereux pour les générations musulmanes futures de vivre une dualité identitaire. Il ne s’agit pas de deux identités distinctes, une musulmane et l’autre française, mais d’une seule identité qui ne doit renier aucune des deux composantes. En réalité, les deux doivent se conjuguer pour n’en faire qu’une.

Que l’héritage chrétien de l’Europe soit mis en valeur ne pose aucun problème aux musulmans bien au contraire, nous partageons avec nos frères chrétiens beaucoup de valeurs communes.

Mais il n’en demeure pas moins qu’il serait injuste qu’on puisse occulter l’héritage musulman et les huit siècles de présence musulmane dans le sud de l’Europe qui ont grandement contribué à la renaissance de l’Europe.

L’islam est maintenant une religion européenne et les citoyens sont et seront un atout pour l’avenir de la société. J’en suis convaincu.

Il faut néanmoins que les citoyens, tous les citoyens, prennent leurs responsabilités en s’engageant vers l’ouverture, en cherchant à mieux connaitre l’autre, sa complexité, ses valeurs et ses espoirs. C’est notre responsabilité commune et il faut pour y faire face que nous cessions de nous lamenter et que nous nous engagions ensemble, pour défendre les droits acquis, l’égalité des êtres humains, leur dignité et notre refus déterminé du racisme.

Les musulmans ne partagent pas la même vision que leurs frères chrétiens concernant la personne de Jésus mais je voulais vous dire à quel point nous aimons Jésus que la paix soit sur lui  et sa mère la vierge Marie.

Cet amour est pour nous une foi. Jésus le juste, l’exemple de droiture et du détachement des biens de ce bas monde. Jésus la parole de Dieu déposé dans le sein de la vierge et la pure Marie.

Je vous offre ce passage du Coran décrivant la naissance miraculeuse de Jésus : Dans la Sourate (le chapitre) de Marie.

« Rappelle aussi l’histoire de Marie, telle qu’il est fait mention dans le Coran, lorsqu’elle se retira en un endroit situé à l’est, loin de sa famille, [17] et étendit un voile entre elle et les siens. C’est alors que Nous lui envoyâmes Notre Esprit qui se présenta à elle sous la forme d’un homme accompli. [18] Elle lui dit : « Je cherche refuge contre toi auprès du Tout-Miséricordieux, si tant est que tu Le craignes. » [19] – « Je ne suis, dit-il, qu’un envoyé de ton Seigneur, chargé de te faire présent d’un garçon immaculé. » [20] – « Comment, s’étonna-t-elle, pourrais-je avoir un enfant alors qu’aucun être humain ne m’a jamais touchée et que je n’ai jamais été une femme de mœurs légères ? » [21] Il lui fut répondu : « Ainsi en a décidé ton Seigneur qui a dit : “Rien n’est plus facile pour Moi. Nous ferons de cet enfant un signe pour les hommes et une miséricorde émanant de Nous.” « Et il en fut ainsi. [22] Elle devint donc enceinte de l’enfant et se retira avec lui en un lieu éloigné. [23] Puis, saisie par les douleurs de l’accouchement, elle s’adossa au tronc d’un palmier en s’écriant : « Plût à Dieu que je fusse morte et oubliée bien avant cet instant ! » [24] Une voix l’appela alors de dessous d’elle : « Ne t’afflige point ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. [25] Secoue vers toi le tronc du palmier, il en tombera sur toi des dattes mûres et succulentes. [26] Mange, bois et réjouis-toi ! S’il t’arrive de voir quelqu’un, dis-lui : “J’ai fait vœu d’un jeûne au Tout-Miséricordieux. Je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain.”« [27] Puis elle revint auprès des siens avec l’enfant dans ses bras. « Ô Marie, lui dirent-ils, quel acte monstrueux as-tu commis là ! [28] Ô sœur d’Aaron ! Ton père n’a jamais été un homme dépravé ni ta mère une femme prostituée ! » [29] Marie leur fit signe de s’adresser à l’enfant. « Est-il possible, s’étonnèrent-ils, de parler à un enfant encore au berceau ? » [30] – « Je suis, dit l’enfant, un serviteur de Dieu. Il m’a donné l’Écriture et a fait de moi un prophète. [31] Il a fait de moi un être béni où que je sois. Il m’a ordonné de pratiquer la salât (la prière) et la zakât (l’aumône), ma vie durant, [32] ainsi que d’être bon envers ma mère, et Il n’a point fait de moi un être violent ni méchant. [33] Que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité ! »

 

*Abdallah DELIOUAH, Imam et Enseignant

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